Décoloniser le design graphique - Entrevue avec Estée Dauphin

Décoloniser le design graphique – Entrevue avec Estée Dauphin

La beauté, c’est subjectif… et je ne parle pas ici de beauté corporelle, mais plutôt de logo et de branding. Mais est-ce que ce qu’on trouve beau est influencé par notre éducation? Quoi faire si on a une bonne idée… mais qu’elle est inspirée d’une autre culture? Pour l’épisode 10 de la ligne diagonale, je reçois Estée Dauphin pour aborder le sujet complexe de la décolonisation du design graphique.

On a décidé de suivre les conseils que donnait Gabbie McGuire à l’épisode 8 et de prendre la parole, de notre mieux, en tant que femmes blanches, même si on parle d’une réalité qui ne nous concerne pas directement.

Je te mentirais si je te disais qu’on a pas pensé à réenregistrer l’épisode. On a pris peur, comme on dit. La fameuse peur de faire du mal en voulant faire du bien dont je parlais à l’épisode 1.

Mais, brave space oblige, on a plutôt décidé d’un commun accord, Estée et moi, d’intervenir pendant l’épisode quand on se mettait un pied dans la bouche.

Tu nous diras ce que t’en penses!

 

Diversité versus décolonisation 

La diversité, c’est de donner la place aux voix de personnes provenant de différents backgrounds, que ce soit culturel, ethnique, d’orientation sexuelle ou de capacités physiques ou mentales. Lorsqu’on donne une place égale à ces personnes, on fait preuve de diversité.

La décolonisation va beaucoup plus loin.

Le système d’éducation et les codes esthétiques et artistiques viennent de la culture occidentale, blanche et masculine. La décolonisation, c’est remettre en question ce qu’on a appris, en tant que descendant·e·s de colonies. C’est carrément changer de changer comment on pense.

C’est un grand défi! Et ça commence par reconnaître nos privilèges.

 

Appropriation culturelle dans le design graphique

Les créateurs et créatrices s’inspirent du monde qui les entoure et de l’art sous toutes ses formes depuis des millénaires. Si on empêche cet échange d’idées, on se retrouve avec un bassin créatif restreint et fade. Pourquoi donc est-ce un problème?

La problématique réside dans le fait que plusieurs ne connaissent pas les véritables significations des motifs et éléments graphiques qu’ils copient. Cet article de BBC News sur l’appropriation culturelle explique merveilleusement bien les enjeux. 

Souvent, des peuples entiers se sont fait critiquer pour leur apparence. Le colonialisme, et même l’esclavage dans certains cas, leur a arraché leur culture, leur a empêché de s’exprimer avec leurs symboles, leurs coiffures et leurs vêtements. D’utiliser ensuite ces symboles et inspirations en tant que Blancs occidentaux parce qu’ “on trouve ça joli”, c’est extrêmement irrespectueux. 

Le problème est la hiérarchie que la société fait entre “l’art” fait par la culture dominante, et l’“artisanat” fait par les peuples autochtones et indigènes. La distinction faite entre les deux est condescendante. 

 

Les designers graphiques doivent mieux encadrer leur clientèle

En tant que professionnel·le·s du design, Estée est d’avis que les designers ont la responsabilité d’encadrer leurs clients et clientes lorsque celleux-ci font des demandent qui frôle l’appropriation culturelle. 

L’important, c’est d’éduquer ces personnes sur les enjeux. Évidemment, si le contexte de création est en lien avec la communauté visée, inclure un membre de cette communauté dans le processus créatif est la meilleure chose à faire.

 

Bonnes pratiques pour décoloniser le design graphique

  • Prends le temps de te poser des questions sur le design que tu crées et ses origines
  • Diversifie tes sources d’inspiration
  • Évite d’utiliser des éléments d’une culture oppressée si tu n’appartiens pas à cette communauté
  • Implique les communautés visées dans le processus créatif

 

Mentionné dans l’épisode

 

Tu veux participer à la discussion? Laisse-moi savoir ton opinion dans les commentaires, ou rejoins-moi sur Instagram @_slasheuse.co!

  

Annie Picard 

Annie Picard est rédactrice Web depuis 2014. Spécialisée en rédaction optimisée pour les moteurs de recherche, elle crée du contenu qui performe bien sur Google et sur Pinterest. Freelance, elle travaille avec les solopreneurs, les petites entreprises, les coopératives et les OBNL en écrivant des textes pour leur site Web et en leur offrant des formations spécialement créées pour eux. Quand elle n’est pas devant un ordinateur, vous la verrez en patins à roulettes aux pieds, dans un parc, une bière à la main ou en voyage à l’autre bout du monde.

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