Bilan d'un an d'entrepreneuriat à gauche

Bilan d’un an d’entrepreneuriat de gauche

C’est le dernier épisode de la saison 1 de la ligne diagonale et je réponds à vos questions: comment célébrer les fêtes de manières inclusives dans vos communications d’entreprises? Quels ont été les épisodes les plus populaires? Et surtout, est-ce que c’est possible d’être rentable avec son entreprise tout en respectant férocement ses valeurs anticapitalistes, féministes et inclusives?

Merci à ceux et celles qui ont partagé les épisodes à leurs communautés.

Merci à ceux et celles qui ont choisi ma voix comme trame sonore de leur marche, de la promenade de leurs chiens ou de leurs sessions de tapis roulant au gym.

J’ai beau parler toute seule devant mon ordi quand j’enregistre, c’est à vous que je pense.

Merci à ceux et celles qui ont sont venu me jaser en privé et qui se sont même montrés vulnérables, parfois. Ça me touche énormément.

Mets ça dans tes oreilles pour la dernière fois de 2022.

 

Comment souligner les fêtes de manière inclusive?

Pour commencer, Johanny a suggéré de parler de comment souligner le temps des fêtes dans tes communications d’entreprise tout en étant inclusif et inclusives. Je vais y aller de façon super short and sweet:

  • Évite d’abord de dire “Noël” parce que c’est pas tout le monde qui fête Noël. Tu peux dire “le temps des Fêtes” ou même les “vacances d’hiver”. Tu peux aussi montrer ta gratitude pour l’année qui vient de passer, sans mentionner de fêtes en particulier.
  • Pense aussi à ceux et celles pour qui cette période-là de l’année est plus difficile. Donc, garde en tête les gens qui sont seuls et qui sont plus vulnérables dans tes communications.

 

Top des meilleurs épisodes de podcast

Y’a quelques personnes qui voulaient savoir quels ont été les épisodes les plus populaires. Je trouve ça difficile de répondre à ça pour plusieurs raisons.

Premièrement, je ne veux pas instaurer un climat de compétition. S’il y a bien quelque chose dont je suis particulièrement fière de cette première saison, c’est que je n’ai pas choisi mes invités pour leurs communautés. Il y a pluuuuusieurs invités qui m’ont dit que c’était la première fois qu’iels étaient invité·es sur un podcast. J’ai reçu des gens qui n’ont pas forcément des grosses communautés, mais qui ont quelque chose d’important à dire.

Aussi, ce serait totalement injuste de comparer un épisode qui a été publié en juin avec un épisode qui a été publié au début du mois. C’est comme de dire qu’on fait une course, mais qu’on ne part pas toustes sur la même ligne de départ. C’est vraiment pas dans l’esprit du podcast. Donc, désolée si tu voulais que je fasse un top. J’t’aime beaucoup quand même. 😉

 

Bilan d’un an d’entrepreneuriat de gauche

D’ailleurs, parlant d’inviter des gens pour leurs idées et non pas pour faire du pouce sur leur communauté et ce genre d’initiative là, est-ce que ça m’a servi? Quand je fais des postmortem de lancement et des behind the scene, vous aimez ben ça fack ça me fait plaisir de vous partager un peu un bilan financier et émotionnel de mon année.

Cette année, c’était l’année 5 de ma vie de travailleuse autonome et l’année 2 de Slasheuse.co, ça dépend comment tu vois ça. J’ai démarré l’année en me disant que j’allais essayer de respecter à 100% mes valeurs dans mes offres, mes communications et dans mes choix de clientèle aussi.

C’est quelque chose qui était terrifiant parce qu’on s’entend que le paradigme actuel en entrepreneuriat c’est trèèèèèès reliés à l’idée de faire plus d’argent, de placer les profits et la croissance au centre de nos actions comme entrepreneur et entrepreneuse. Bref, de valoriser la richesse, en d’autres mots. C’est le message qui est véhiculé depuis toujours pis perso j’ta boutte. 🙃

Ça fait des années que je cherche un modèle inspirant pour moi dans sa façon de faire des affaires pis j’ai pas trouvé. J’ai trouvé beaucoup de gens avec qui j’ai des points communs, mais personne avec qui je me sens alignée complètement sur tous les points.

Fack je me suis dis: fuck off, je vais essayer de devenir ce modèle-là pour moi-même et pour les gens que ça peut rejoindre.

Une chose est sûre, j’ai absolument tout donné ce que j’avais d’énergie cette année et j’ai testé plusieurs choses.

 

Lancement Pay What You Can

En janvier, j’ai fait un lancement qui a beaucoup fait jaser, en formule Paye ce que tu peux te permettre. Donc, les gens pouvaient choisir le montant qu’ils payaient pour avoir accès à ma formation. J’ai pris une chance parce que je voulais voir quel effet ça aurait de retirer presque complètement l’objection financière dans mon processus de vente.

J’ai gagné mon pari parce que normalement, en lancement, les statistiques on peut espérer convertir entre 1% et 3% de notre liste de courriels en acheteurs et acheteuses. Avec mon offre, j’ai converti à environ 30%. J’ai aussi dépassé de 400% mes objectifs financiers.

Donc, les coachs qui prêchent pour les offres premium à des prix super chers pour “passer au fameux prochain niveau” ben c’est de la grosse bullshit. Il y a plusieurs stratégies que tu peux utiliser pour atteindre tes objectifs financiers, et ça peut être fait dans l’inclusivité, la bienveillance et les méthodes alternatives.

 

Me faire connaître grâce au podcast

Ensuite, en mai, j’ai lancé la Ligne diagonale dont l’objectif était d’augmenter ma visibilité et de connecter avec des entrepreneur·euses qui partagent mes valeurs.

Pour ce projet-là, j’ai pas forcément atteint mes objectifs en termes de chiffres, mais c’est un projet qui m’a tellement fait du bien émotionnellement que je n’ai absolument aucun regret. C’est certain que je vais revenir pour une autre saison.

Je pense que j’ai pas atteint mes objectifs parce que:

  1. J’avais des objectifs ambitieux. J’aurais aimé atteindre 300 écoutes par épisodes. Présentement, on est entre 150 et 200, mais c’est un slow burner. Le pattern que je remarque, c’est que les gens semblent découvrir le podcast avec un·e invité·e et ensuite repartir de l’épisode 1. Peut-être que je vais atteindre mon objectif dans le temps, tsé. 😊
  2. Aussi, des podcasts dans le domaine entrepreneurial, y’en a une tonne! C’est très compétitif. Le mien sort du fameux “comment faire plus d’argent” alors c’est difficile de compétitionner contre des gens qui te promettent d’augmenter tes revenus quand la vie est difficile et coûte cher. Mon message à moi est plus dans le bien-être collectif que le bien-être individuel. Et pour être rendu là, ben t’as besoin que ton bien-être individuel soit sous contrôle. C’est un peu comme si mon message est une 2eme étape, tsé.

Ceci dit, mon podcast a résonné avec les bonnes personnes et ça m’a permis de voir qu’on était quand même une couple à tirer la couverte du même bord. J’avais vraiment besoin de ça.

Pour la suite du podcast, je vais conserver la formule solo et invités, les Good Better Best et mes petites questions random.

Ce que j’aimerais changer, c’est d’abord d’ajouter des transcriptions complètes afin d’être plus inclusive.

 

Participer à un panel lors d’un événement inclusif et diversifié

Une autre initiative que j’ai faite pour me faire connaître, c’est d’aller sur un panel au FWCC. Merci d’ailleurs à Alexe Martel pour l’invitation! Ça m’a fait plaisir de participer à un événement gratuit où y’a un réel effort qui est mis sur la diversité.

C’est à la fois plus difficile qu’on pense, mais aussi plus facile qu’on pense, d’avoir des invité·es diversifié·es. Ce que je veux dire c’est que dépendant de notre background, ça se peut que notre entourage soit peu diversifié (beaucoup de femmes, presque pas d’hommes ou de personnes non-binaires, peu de personnes BIPOC, etc.) Si le sujet t’intéresse, tu peux écouter l’épisode sur le tokenisme avec Gabbie McGuire

Récemment, j’ai été invitée sur un autre panel pour l’année prochaine et j’ai demandé aux organisateur·trice si un effort était mis au niveau de la diversité avant de confirmer ma participation. C’est la moindre des choses, en tant que personne blanche privilégiée. 

 

Lancement du bundle de formation équitable 

Je veux pas radoter, tu peux écouter l’épisode 18 pour avoir tous les détails sur l’organisation d’un bundle de formations équitable

C’est une méchante grosse initiative de gauche ce projet-là parce que je voulais à la fois que ce soit accessible économiquement pour les acheteurs et acheteuses ET rentable, équitable et juste pour les participantes au bundle. Personnellement, je ne connais pas d’autres bundles qui correspondent à ces 2 critères-là.

C’est le projet qui m’a demandé d’avoir le plus de courage pour respecter mes valeurs. Tsé, si j’avais utilisé le modèle économique d’autres bundles populaires, j’aurais eu 3 fois plus d’argent dans mes poches. C’est ÉNORME.

Est-ce que ça m’aurait permis d’être moins stressée financièrement durant l’année? Absolument.

Est-ce que ça m’aurait permis de réaliser certains projets personnels ou professionnels plus rapidement? Absolument.

Mais pour moi, ça a toujours été et ça restera toujours: People before profit.

Si j’avais exploité d’autres personnes pour mon propre profit, j’aurai pas été bien avec ça.

Et c’est ça la chose la plus importante pour moi.

J’te dis pas ça pour que tu me lances des fleurs. J’te dis ça pour un peu conclure sur la fameuse question : est-ce que c’est possible d’avoir une entreprise rentable quand on a des valeurs anticapitaliste, féministe, inclusive, etc.?

 

Combien mon entreprise a généré

La réponse c’est oui, mais…

Cette année, ma tête de cochon et mon entreprise ont généré environ 98K$ brut.

J’ai même pensé à faire un mini lancement pour aller chercher le 2K$ qui manque pour faire 100K$ et me donner un highfive. Mais je me suis dis que ça ne me tentait pas et que je voulais pas te vendre une cochonnerie juste pour atteindre un chiffre.

Par contre, c’est loin d’être ça qu’il me reste dans mes poches à la fin de l’année parce que j’ai pris des décisions qui étaient alignées avec moi:

  • Ne pas faire de minimum viable product même si je vends à petit prix
  • Refuser des contrats si l’entreprise ne correspondait pas à mes valeurs
  • Bien payer les collaborateurs et collaboratrices, les sous-traitants, les fournisseurs, etc.

Ce qu’il me reste, c’est environ 50K$ après les dépenses de ma compagnie. Y’en a peut-être qui trouve que c’est pas grand chose. Le salaire moyen au Québec est d’environ 47K$ par année.

Moi, je trouve que c’est beaucoup et que c’est un privilège d’avoir réussi à faire ça tout en me respectant et en respectant les autres.

Donc, pour l’avoir testé: oui c’est possible d’avoir une entreprise qui te permet d’en vivre même en respectant ta tête de cochon, en te démarquant de la masse, et en allant à contre-courant.

Ça va te demander beaucoup d’énergie et beaucoup de résilience. Si t’es comme moi, t’es sûrement fatiguée. Tu trouves peut-être que plusieurs choses sont injustes et ça te fâche.

Mais j’ai envie de te dire de pas lâcher. De tenir ton boutte. De faire preuve de courage. De pas oublier de prendre soin de toi là-dedans. Je veux te dire que je suis fière de toi et que ce que tu fais est important.

Merci pour ça! xx

  

Annie Picard 

Annie Picard est rédactrice Web depuis 2014. Spécialisée en rédaction optimisée pour les moteurs de recherche, elle crée du contenu qui performe bien sur Google et sur Pinterest. Freelance, elle travaille avec les solopreneurs, les petites entreprises, les coopératives et les OBNL en écrivant des textes pour leur site Web et en leur offrant des formations spécialement créées pour eux. Quand elle n’est pas devant un ordinateur, vous la verrez en patins à roulettes aux pieds, dans un parc, une bière à la main ou en voyage à l’autre bout du monde.

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